30 déc. 2011 - Essam

L’année musique 2011 vue par ILTD en 12 opus

album chief Common

Dans un marché du disque dit moribond, on a clairement fait le constat que cette année la créativité de nos artistes musicaux a été au rendez-vous ! Alors, quand au sein de la rédaction d’ilovethisdance nous avons décidé de réaliser une rétrospective de 2011, la sélection fut dure et sans quelques sacrifices. Néanmoins, nous sommes arrivés à extraire 12 albums marquants et qui représentent bien la couleur musicale de l’ensemble des membres de l’équipe ILTD.

Moka Only & Chief – Crickets

Sans hésitation, la plus grosse tuerie de l’année 2011 ! La collaboration suisso-canadienne frôle les sommets en nous gratifiant d’une oeuvre intelligente et dans la plus pure tradition hip hop : on voyage au travers de sons dillaesques (époque Donuts), hybrides et urbains vers d’autres plus soulful et jazzy.  Vous souhaitez une référence, la voici !


Dela – Translation Lost

Dela est de la trempe des beatmakers français se faisant un nom outre-Atlantique, ainsi avec Translation Lost il continue à cultiver cette atmosphère musicale très “boom bap” d’inspiration ATCQ. À noter la présence de Blu sur deux morceaux de cet album qui arrive en bonne position de la sélection ILTD 2011.


Common – The Dreamer/The Believer

Un 9ème album très attendu et auto proclamé comme un retour au “raw hip hop”, The Dreamer/The Believer est un LP 12 titres parfaitement équilibré. Common réussit ainsi le pari de nous proposer une oeuvre cohérente dont l’écoute globale s’intègre totalement dans la thématique du rêve à la réalité, sur une production intégralement signée par No ID. Indétronant Like Water for Chocolate (qui ne le sera probablement jamais), The Dreamer/The Believer reste une oeuvre plus qu’honorable et remarquable pour cette année 2011.


The Weeknd – House of Balloons

Abel Tesfay, 20 ans une voix proche de celle d’un castra qui avec 3 projets proposés gratuitement sur le net cette année a totalement renversé la donne musicale dans un marché rnb totalement perdu. Le premier d’entre eux House of Balloons frise la perfection auditive, une balade electro-hip hop sans faille plaçant le jeune canadien comme une valeur montante et quasi sûr. À posséder absolument !


The Roots – Undun

Cet 11ème opus totalement conceptuel du groupe de Philadelphie tourne autour du personnage de Redford Stevens, un jeune criminel décédé à l’âge de 25 ans: la particularité étant que l’album remonte le temps en commençant par sa disparition. Sans titre majeur, Undun s’écoute très facilement : on y retrouve des sonorités organiques tintés d’influence jazz- soul,  portées par un Black Thought simple et efficace,  accompagné de participations telle que Greg PornDice RawPhonte ou encore Bilal. En 2011, Questlove & co démontrent à nouveau qu’ils restent le groupe de rap (actuel) de par leur finesse créatrice le plus intelligent à ce jour.


Digikid84 – Timelapse

L’anachronisme musical de cet album pourrait amener à créer un certain scepticisme ; en effet l’oeuvre fait la part belle à l’atmosphère électro des années 80 époque “Salut les pti clous”. Mais le stéréotype s’arrête là, Timelapse nous fait monter dans une Delorean remontant le temps pour l’époque Pop Like a Virgin à la funk Purple Rain sans tomber dans le kitsch…mais plutôt une tendance funky très entrainante,  voir électrisante. Rien que pour la présence du remasterisé Bboy Undeground, le premier album de Digikid84 se devait d’être dans la selection ILTD.


Cyrus Malachi – Ancient future

Vous cherchez l’album aux sonorités bien grasses, bien imposantes, bien “sales”, celui-ci est signé par le londonien Cyrus Malachi (se prononce malaki) ! Le membre du Triple Darkness signe ici une oeuvre comprenant une vingtaine de morceaux dont la majorité sont de véritables bombes sonores en puissance. Ancient Future aurait parfaitement pu être un album signé du Wu Tang, tant l’atmosphère – de l’époque – du collectif mythique y est présente : une oeuvre qui sent la rue dans sa vision la plus crade. La “lourdeur” de 2011.


Phonte – Charity Starts at home

Tellement impliqué dans chaque collectif, des Little Brother à Foreign Exchange, Phonte se devait de nous proposer une oeuvre solo et personnelle. Charity starts at home abandonne la modern soul – opté principalement dans les 2 derniers opus de F.E – pour surtout se centrer sur les talents de MC de Mr Coleman. Une réconciliation avec 9th Wonder accouchant sur une collaboration plus que réussie, à cela vous ajoutez la présence de références telles que Pharoahe Monch, Evidence, Sy Smith, Eric RobersonCarlita Durand, Elzhi ou encore big K.R.I.T et vous aurez ce que l’on espère tous : l’ouverture vers un prochain album des Little Brother.


SBTRKT – SBTRKT

Du Dubstep précis, lent, au découpage parfait et beats ultra saccadés, le tout accompagné par des voix claires, chaudes et lumineuses; voilà en résumé ce que nous propose SBTRKT pour son premier album. Le producteur anglais (oui encore de Londres) apporte la douceur à un courant musical (Le Dubstep pour rappel) en continuel évolution et vient élever SBTRKT au rang de confiserie chocolatée qui se déguste à l’infini.


Mr Bibal – Losange Jaures

Outre le jeu de mot osé avec la ville des Lakers et l’homme politique qui a laissé son nom à la rue dans laquelle il réside, Mr Bibal a signé ici un simple EP de 5 titres rempli de rythmes funky et synthétique ayant trouvé au sein des plus assidus lecteur/danseur du site un écho plus que favorable : On ne pouvait passer à côté de cette petite perle dans cette retro de l’année.


Osunlade – Pyrography

J’aurais pu commencer mon descriptif par “il fallait choisir un album house” mais concernant Pyrography ce sera plus “Il nous faut parler de cet album” ! Organique et technologique, Osunlade nous propose la référence artistique électronique de cette année : un pont suspendu entre la froideur de sons synthétiques et la chaleur de rythmes moins conceptuels.


Jay Z & Kanye West – Watch the Throne

Pour résumer ce que Watch the Throne est, je vous propose tout simplement de faire référence à la discographie de ces 2 artistes de leur début à aujourd’hui pour finir par conclure que leur réunion est d’une logique implacable. Ne laissant pas indifférent, ILTD a décidé de le nommer dans ce récapitulatif.


Cette sélection est exhaustive et beaucoup d’albums et d’oeuvres qui ont pu vous toucher ne sont pas mentionnés : la liste aurait pu aisément être deux fois plus longue ! Néanmoins, comme précisé en introduction,  elle résume la couleur musicale qu’ILTD a partagée avec vous toute cette année au sein de la catégorie news music et surtout celle qu’on continuera à adopter en 2012, année qui s’annonce aussi prometteuse.